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Quand je serai grand, je serai pompier…

mars 17, 2009

Quand on est petit, « qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? » est généralement la première question que l’on vous pose (juste après « Pourquoi as-tu fais des trous dans les rideaux du salon avec tes ciseaux ? »). Pour ma part, je sus très tôt que je voulais faire « monsieur qui vérifie que l’eau de la piscine soit bonne pour les gens ». J’appris plus tard que le terme exact était « analyste chimique .

Il fallait lier l’origine de cette vocation à mes nombreuses excursions à la piscine municipale, et ce dès mon plus jeune âge, ainsi qu’à l’observation de ce singulier personnage qui prélevait de l’eau dans d’étranges flacons. Lorsqu’en plus, l’intéressé me révéla que les personnes exerçant sa profession pouvaient tout aussi bien vérifier la non-toxicité des fraises ou des boites de raviolis, je fus conquis.

Seulement voilà, lorsque l’on pose la fameuse question à un petit garçon de cinq ans et que celui-ci vous répond « analyste chimique », nombreux sont ceux qui tombent des nues. Devant la réaction des gens, je compris bien vite que la bonne réponse était plutôt « policier », « pilote de formule un » ou « pompier ». Ce fut par ce dernier choix que je m’appliquais désormais à répondre à chaque fois que l’on me posait la question.

Si je vous raconte tout cela, c’est parce que bien des années plus tard, je n’ai pas changé d’avis. Cette séquelle juvénile me mena jusqu’aux portes de la faculté de chimie, me propulsant dans la vie trépidante d’étudiant.

C’est ainsi que la semaine dernière, vers deux heures du matin, alors qu’une insomnie m’avait amené à faire le tri dans mes montagnes de cours, je découvris que je devais rendre un dossier de dix pages sur « les méfaits du plomb » pour le lendemain.

Si en plus, ami lecteur, je te révélais que ce fut cet instant précis que ma connexion internet choisie pour me lâcher, tu ne me croirais pas. Et tu aurais raison. Car ce fut mon ordinateur, le fourbe, qui refusa fermement de démarrer, m’obligeant à enfiler mon manteau pour prendre la direction du cybercafé le plus proche.

Habituellement, le bus passe juste au pied de mon immeuble. Mais à cette heure avancée, il fallait rejoindre la ligne de nuit, située cinq cent mètres plus loin. Une vingtaine de minutes plus tard, j’atterrissais à mon point de chute. Il était deux heures trente et mon cours ne débutait qu’à neuf heures, ce qui me laissait largement le temps de confectionner un beau dossier. Mais le cybercafé, lui, fermait à cinq heures. Dommage Mr. Nawaak. Je réglai donc la somme nécessaire pour rester jusqu’à la fermeture (2€30 de l’heure, toute heure entamée devant être payée, vaseline non incluse) et me jetai sur le premier PC venu.

Je soupirai en remarquant qu’alors qu’il ne s’était pas manifesté de la soirée, Morphée semblait décidé à me rendre une petite visite, au moment précis où ma situation réclamait toute mon attention. Enfoiré !

Durant le peu de temps dont je disposais, je mis toute mon énergie dans la réalisation de ce foutu dossier. Je me permis même de rendre la chose moins scolaire en précisant que les Romains, ces andouilles, avaient chopé la cerise à cause de leur plomberie constituée de plomb (en des termes plus châtiés, certes).

Mais à cinq heures moins le quart, mon dossier ne comptait que huit pages. Hop, police taille 14. Dix pages et demi. Banco ! Je lançai l’impression et sortis mon porte-monnaie en cuir afin de le mordre très fort au moment où l’on m’amena la facture (étrange, je ne me souvenais pas avoir demander des feuilles recouvertes à la poussière d’or). Mais peu m’importait. Car, coincé sous mon bras, mon dossier sur le plomb était torché achevé.

Je marchais jusqu’à l’arrêt du bus où je pus souffler quelques minutes, avant de percuter qu’il était déjà cinq heures du matin et que par conséquent, les lignes régulières avaient remplacées le service de nuit. Maugréant, je me trainais jusqu’au bon arrêt. J’eus au moins le plaisir d’être déposé par le bus au pied de mon appartement. Cette fois-ci, le sommeil ne se fit pas prier, et je m’endormis comme une masse.

Mon réveil sonna sur les coups de huit heures (c’est drôle, ça passe moins vite lorsque l’on est en cours de maths, trois heures). Douche, petit-dèj’, bus et j’arrivai devant l’université avec dix minutes d’avance. Ne voyant pas mon camarade de cours arriver, je lui téléphonai.
Une voix endormie me répondit.
_« Qu’est-ce que tu fous. Ton réveil est encore en rade ? »
_« Mais qu’est-ce que tu me racontes, le prof nous a dit vendredi dernier qu’il serait absent. Il participe à un forum ou je ne sais quoi. On commence les cours à quatorze heures. »

Héhéhé…

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